Archive
Le festival d’Avignon – deuxième partie
Maintenant que je vous ai parlé du festival d’Avignon en général, peut-être que certains d’entre-vous se demandent quels spectacles j’ai vu ? Comme je vous l’expliquais, difficile de faire un choix parmi la multitude de spectacles proposés tout le longe de la journée (plus de 1160 !). Les premiers ont lieu à partir de 10h30 – 11h (majoritairement pour les enfants, mais pas uniquement) et les derniers finissent après minuit.
Pour notre premier spectacle, on a misé sur une valeur sûre, repérée par un flyer, Sea, Sax & Fun par les Désaxés. Il s’agit d’un quatuor de saxophones qui reprend des morceaux connus (classiques ou variété) sur une trame humoristique. Je connaissais le groupe de réputation, mais je n’avais jamais eu l’occasion de les voir. S’ils passent vers chez vous, foncez car c’est un très bon spectacle avec d’excellents musiciens.

.
Mais que voir ensuite ? Dans le collège où se déroulait le spectacle, le moindre recoin était réquisitionné : préau, gymnase, plusieurs cours, salles de classe, etc… Nous avions donc le choix, sur le site, parmi plusieurs spectacles qui n’allaient pas tarder à commencer. On a hésité sur le one-woman show d’Isabelle Alonso, mais on s’est finalement rabattu sur un classique de Molière, Le médecin malgré lui, par le Théâtre de l’éventail. Au début, j’ai eu un peu peur : les comédiens criaient, gesticulaient et sautaient dans tous les sens. Mais au final, nous avons passé un très bon moment.

.
Après avoir enchainé deux spectacles dans la même salle sans clim (et oui, une salle sert à plusieurs spectacles, tous les décors sont donc démontés et remontés chaque jour), on a eu besoin de faire une pause et de prendre un peu l’air. On s’est donc baladé gentiment en ville, profitant de l’activité liée au festival.
Puis on s’est remis en quête d’un dernier spectacle pour la soirée et on en a choisi un qui avait un titre et une affiche sympa, Le bol Ikea et autres chutes. Et c’est là qu’on voit qu’il y a vraiment de tout à Avignon. Pas de décor, pas (ou très peu) d’accessoires, les deux comédiens était seuls sur leur petite scène à raconter 3 histoires assez inégales à une trentaine de personnes (sur une cinquantaine de places disponibles).

.
Le lendemain, on ne savait à nouveau pas par où commencer. Après 10 bonnes linutes d’épluchage de programme (la bible), on s’est décidé pour Inconnu à cette adresse car un copain avait lu le livre. Mais on est arrivé trop juste, c’était complet. On s’est rabattu sur Hitch, un dialogue imaginaire entre Truffaut et Hitchcock dont on avait entendu du bien, mais malgré nos 35 minutes d’avance, c’était là aussi déjà complet. On s’est donc rabattu sur une pièce trouvée sur un flyer, Etat de crise. Cela s’est avéré très moyen malgré une mise en scène assez imaginative et un jeu d’acteurs pas mal. On ne peut pas gagner à tous les coups.

.
Pour le prochain spectacle, Amour et Chipolatas, on a donc décidé de réserver. En effet, il s’agit d’un classique du café théâtre assez connu (probablement passé à la télé) écrit par Jean-Luc Lemoine, donc assez prisé. Pas de grosse prise de risque, comme prévu on a bien rigolé.

.
Pour terminer la soirée, nous sommes allés voir le one-man show d’Albert Meslay, L’Albert Mondialiste. Je ne connaissais pas le personnage (malgré ses nombreuses piges dans le Fou du Roi de Stéphane Bern ou chez Michel Drucker, Patrick Sébastien, etc…), mais j’ai littéralement adoré son spectacle. Bourré d’humour, de nombreux jeux de mots dignes de Raymond Devos, une touche d’absurde, de pataphysique, pas très politiquement correct (il a par exemple tout une théorie pour expliquer qu’il faut aider les pays pauvres… à rester pauvres), etc…

D’ailleurs, je ne résiste pas à vous montrer un extrait de son spectacle :
.
Pour résumer, je dirais que plus vous entendez parler d’un spectacle (le bouche à oreille marche à fond dans les rues ou les files d’attente) et plus il est judicieux de réserver. Mais n’oubliez quand même pas de laisser un peu de place à l’improvisation, c’est aussi là qu’on a de bonnes surprises.
.
Le festival d’Avignon – première partie
Encore une fois, ma semaine dernière a été bien remplie, avec notamment la reprise du boulot (et oui, j’ai déjà éclusé une partie de mes vacances), mais je ne vous oublie pas. Et d’ailleurs, je vais vous en parler, de mes vacances, car figurez-vous que je suis allé au festival d’Avignon.

J’étais déjà allé à Avignon (oui on dit à Avignon) pour quelques jours, mais jamais pendant le festival. Pendant 3 semaines en juillet, la cité des papes se transforme en le plus grand théâtre du monde. En tout cas, en terme de spectateurs, car en fait, il s’agit d’une multitude de spectacles répartis aux 4 coins de la ville sur plus de 100 lieux différents (écoles, collèges, salles publiques, cinéma, etc…). Cette année, plus de 1160 spectacles étaient proposés chaque jour. Oui, oui, plus de 1 160 !! Inutile de préciser que je n’ai pas pu tout voir…
Pour la petite histoire, le festival d’Avignon a été créé en 1947 par Jean Vilar (qui a également dirigé le TNP à Villeurbanne entre 1951 à 1963). A l’origine, il s’agissait de quelques pièces présentées dans la cour du palais des papes, aménagée à cet effet. Puis en 1966, Avignon a vu la naissance du festival Off, c’est-à-dire non officiel et indépendant. Depuis, les deux festivals d’Avignon, le In et le Off se côtoient et ont tous deux bien grandit.

Je n’ai vu aucun de la quarantaine de spectacles du In, car en général, c’est cher (40€ la place, je crois), c’est très couru (on peut facilement être assis entre Jack Lang et Francis Huster), et c’est parfois très particulier (beaucoup de polémiques ces dernières années, sur le choix des pièces, des acteurs, la mise en scène, etc…).
Non, ce qui est plus sympa, c’est la partie Off. Par contre, je ne vous cache pas qu’en arrivant là, on était un peu perdus. Une collègue m’avait récupéré le programme à l’avance, mais il fait 400 pages !! Alors par où commencer ? En fait, on a commencé par acheter la Carte Off qui, pour 16€, donne droit à 5€ de réduction par spectacle (qui deviennent donc dans les 10-12€ en général). Elle est donc vite rentabilisée. Ensuite, et bien on a choisi un peu au pif…

Pour nous aider (ou plutôt nous inciter), la plupart des spectacles font leur promotion : la plupart distribue des flyers, certains expliquent leur pièce aux terrasses des bars (souvent les comédiens eux-mêmes), certains paradent dans la ville en costume, etc…

Piero, un des personnages du spectacle Dans ta bulle dont je vous avais parlé ici

Et surtout, ce que j’ai adoré, ce sont les innombrables affiches qui tapissent la ville de long en large et de haut en bas. Regardez plutôt :



En tout cas, je trouve que le festival donne à la ville une ambiance vraiment géniale. Plein de spectacles partout (bon, ok, tout n’est pas bien, mais quand même…), beaucoup d’animation et beaucoup de monde, mais on est loin de la foule de la fête des lumières à Lyon, on peut circuler sans problèmes. Et comme en plus il fait beau et chaud, on est en vacances, etc… c’est vraiment très chouette. En plus, on croise plein de stars :

Plus d’infos sur le In ici et sur le Off là.
Pour cette année, le festival s’est achevé ce samedi, mais c’est sûr, moi je prends rendez-vous l’année prochaine !
Et vous, vous y êtes déjà allé ?
.
.
Le Bourgeois Gentihomme
Vendredi soir, j’ai eu la chance d’aller assister à une représentation du Bourgeois Gentilhomme dans le cadre du festival des Nuits de Fourvière.

Le Bourgeois Gentilhomme par Christian Lacroix
Retrouvez aujourd’hui mon avis sur le site de Lyon69.net.
D’ailleurs, tous les lundis, vous pourrez revivre un spectacle des Nuits de Fourvière, grâce à notre fil rouge.

Chouf ouchouf
11/12/2011
Tout le monde à Lyon connait le Théâtre ces Célestins, mais souvent, cette institution culturelle impressionne au point que les gens n’osent pas y aller. Il faut dire que les premières pièces ont été jouées il y a plus de 200 ans (le bâtiment a été plusieurs fois détruit par les flammes et reconstruit depuis) et qu’avec sa configuration à l’italienne à l’intérieur, il est plutôt impressionnant.
Mais en regardant la programmation de plus près, on peut voir que les spectacles sont très variés (mais toujours de qualité). Il y a quelques semaines, par exemple, le célèbre metteur en scène Wajdi Mouawad présentait des tragédies de Sophocle, mais avec une mise en scène contemporaine et une musique de Bertrand Cantat (qu’il a d’ailleurs interprété pendant la moitié des représentations). Ainsi, lorsque j’ai été invité par la Fondation BNP Paribas à assister au spectacle Chouf Ouchouf, je n’ai pas hésité longtemps.
.

.
Chouf Ouchouf, « Regarde et regarde encore » en arabe, est interprété par Groupe Acrobatique de Tanger. Pendant un peu plus d’une heure, une douzaine de jeunes artistes marocains (dont deux femmes) racontent leur quotidien – à la ville, la casbah, le souk – tout en acrobatie. En fait, j’ai appris dans le programme que l’acrobatie est une discipline traditionnelle au Maroc (notamment le portage, les pyramides, etc…), mais elle est assez peu mise en valeur. Ici, la virtuosité des athlètes est soulignée par une scénographie assez sobre mais efficace : des grandes caisses en bois modulables qui servent tour à tour de palissade, de cachette, de piédestaux (ça fait bizarre, mais c’est comme ça qu’on dit…), d’entresorts, etc…
Quelques passages à mi-chemin entre l’humour et la poésie parsèment cette performance sportive qui donne une bouffée de jeunesse au théâtre.
.

.
Voici un petit teaser :
.
.
Le spectacle est présenté au Théâtre des Célestins jusqu’au 31 décembre, alors n’hésite pas à (vous) faire un petit cadeau en (vous) offrant des places.
.
Photos © Mario Del Curto / Artwork FLAG
Paroles d’enfance
09/11/2010
Aujourd’hui, (enfin à la fin de la semaine pour être précis), je vous invite à aller au théâtre. « Paroles d’enfance, c’est un recueil de témoignages. Avoir 10 ans entre 1940 et 1970…On regarde une vieille photo jaunie, une carte postale de notre enfance, et les souvenirs reviennent… sensations inoubliables, histoires merveilleuses, chagrins et déchirures d’enfance. Les comédiens nous proposent, chacun à leur tour, de partager des témoignages de l’époque. Un spectacle qui mêle textes et chansons et nous invite à retrouver l’enfant qui vit en chacun de nous. »
Les textes sont en fait tirés d’un recueil, Paroles d’enfance, édité il y a deux ans suite à une grande campagne organisée par Radio France et le Nouvel Observateur. Extraits de lettes, de journaux intimes ou simplement de souvenirs font revivre la mémoire collective des enfants du milieu du siècle.

J’ai vu la pièce l’année dernière, et certains témoignages sont très émouvants. Les comédiens sont des amateurs, mais on sent qu’ils y mettent tout leur cœur et la (toute) petite salle renforce le caractère intime de ces moments.
Les 11, 12, 13 novembre à 20h30 et le 14 à 17h30. je ne connais pas le prix, mais l’année dernière, c’était prix libre.
Théâtre Le Fou, 2 rue Fernand Rey
Mise en scène : Karine Dufaut
Direction vocale : Caroline Personne
Distribution : Martine Beyron, Laurent Diennet, Clara Forey, Julie Nugues, Paulette Pons, Christelle Soler, Eva Soudain, Arielle Wodey.


